
Une loi liberticide pour museler la solidarité avec la Palestine
Le 12 janvier, l’Assemblée nationale examinera la loi dite Yadan, présentée comme une mesure de lutte contre l’antisémitisme. En réalité, ce texte organise une censure politique et criminalise toute expression de soutien à la Palestine. Proclamer « Free Palestine », « From the river to the sea, Palestine will be free » ou « Désarmons Israël » pourrait désormais être qualifié d’infraction pénale, passible de 5 ans de prison et 75 000 € d’amende.
Cette loi ne protège pas contre le racisme : elle étend des infractions pénales floues (« apologie indirecte », « négation d’un État »), ouvrant la voie à l’arbitraire judiciaire et à la répression des opinions politiques. Le Conseil d’État a lui-même alerté sur son inconstitutionnalité.
La résistance palestinienne criminalisée, la liberté d’expression menacée
Avec la loi Yadan, la plupart des slogans solidaires avec la Palestine deviennent passibles d’inculpation :
- « Soutien à la résistance palestinienne »
- « La résistance est un droit inaliénable »
- « Pour la libération totale de la Palestine »
- « Intifada » (soulèvement en arabe)
- « Démantelons la colonie »
Cette proposition de loi sanctionne non seulement les appels à la violence, mais aussi les slogans jugés « ambigus », pouvant être interprétés comme une « légitimation du terrorisme ». Ils nomment terrorisme la résistance d’un peuple colonisé.
Depuis des années, le délit d’apologie du terrorisme est déjà utilisé pour poursuivre des militant es et associations engagées pour la Palestine. La loi Yadan franchit un seuil supplémentaire en pénalisant des positions politiques et des analyses historiques, pourtant protégées par le droit.
Les rapporteurs spéciaux de l’ONU ont rappelé à la France l’illégitimité de cette criminalisation. Ce texte s’inscrit dans une séquence plus large de restrictions des libertés : dissolutions administratives, interdictions de manifester, poursuites pénales répétées.
Antisionisme ≠ Antisémitisme : une confusion dangereuse
La loi Yadan s’appuie sur la définition IHRA de l’antisémitisme, largement contestée, qui assimile la critique du régime sioniste à une forme de racisme. Cette confusion :
- Affaiblit la lutte contre l’antisémitisme en l’instrumentalisant.
- Assigne les personnes juives à un État, niant leur diversité politique.
- Fait taire une cause légitime : la résistance anticoloniale.
De nombreuses organisations juives, en France et ailleurs, dénoncent cette manipulation politique. Ignorer leurs alertes, c’est trahir l’universalisme antiraciste.
Urgence Palestine : non à la censure des voix palestiniennes
Urgence Palestine affirme son droit à l’expression et son engagement dans une lutte anticoloniale et antiraciste, fondée sur l’autodétermination des peuples. Assimiler tout soutien à la résistance palestinienne à du terrorisme, c’est nier ce droit.
Nous continuerons à : ✊ Informer ✊ Nous rassembler ✊ Manifester ✊ Agir dans l’espace public NON À LA CENSURE DES VOIX PALESTINIENNES NON À LA LOI DITE YADAN !
Agissez contre cette loi liberticide
Le 12 janvier, chaque député e devra voter contre cette loi. 121 député es de différents groupes politiques la soutiennent déjà – y compris celles et ceux du RN.
Interpellez vos élu es maintenant pour exiger leur opposition à cette criminalisation du soutien à la Palestine : 👉 https://bit.ly/loiyadan
La liberté d’expression est en danger. La solidarité avec la Palestine ne doit pas être un crime.