
La loi Yadan : une attaque frontale contre la liberté d’expression et la solidarité avec la Palestine
L’examen par l’Assemblée nationale de la proposition de loi Yadan, initialement prévu le 26 janvier 2026, a été reporté à une date ultérieure. Ce délai supplémentaire doit être utilisé pour convaincre nos élu es de s’opposer à cette loi de censure politique, qui menace directement les libertés fondamentales et la solidarité internationale avec le peuple palestinien.
Ce que prévoit la loi Yadan : une criminalisation massive des slogans et des positions politiques
Avec cette loi, la plupart des slogans de soutien à la Palestine pourraient être passibles d’inculpation, notamment :
- “From the river to the sea, Palestine will be free”
- “Soutien à la résistance palestinienne”
- “La résistance est un droit inaliénable”
- “Pour la libération totale de la Palestine”
- “Free Palestine”
- “Désarmons Israël”
- “Liberté pour les prisonnier es politiques palestinien nes”
- “Démantelons la colonie”
- “Intifada”
Ces slogans pourraient être considérés comme des infractions pénales, passibles de 5 ans de prison et 75 000 € d’amende. La loi vise non seulement les “appels explicites à la violence”, mais aussi les slogans jugés “ambigus”, pouvant être interprétés comme une “légitimation du terrorisme” ou une “négation de l’existence d’un État”.
En d’autres termes, ils nomment “terrorisme” la résistance et inculperont tous les soutiens des résistants.
Une loi liberticide qui instrumentalise la lutte contre l’antisémitisme
La proposition de loi Yadan ne protège pas contre le racisme : elle organise une criminalisation politique et cible directement la solidarité avec le peuple palestinien. Sous couvert de lutte contre l’antisémitisme, ce texte étend des infractions pénales floues comme l’apologie indirecte ou la négation d’un État, ouvrant la voie à l’arbitraire judiciaire et à une répression accrue des opinions politiques.
Le Conseil d’État a lui-même alerté sur les risques d’inconstitutionnalité de ces notions, tandis que les rapporteurs spéciaux de l’ONU ont rappelé la France à l’ordre sur la criminalisation des voix critiques du régime sioniste.
Cette loi s’inscrit dans une séquence plus large de restrictions des libertés : dissolutions administratives, gels d’avoirs, interdictions de manifester, poursuites pénales répétées.
Antisionisme ≠ Antisémitisme : une confusion dangereuse
La loi Yadan s’appuie sur la définition IHRA de l’antisémitisme, largement contestée au niveau international, car elle assimile la critique du régime sioniste à une forme de racisme. Cette confusion affaiblit la lutte contre l’antisémitisme, assigne les personnes juives à un État et sert à faire taire une cause politique légitime.
De nombreuses organisations juives, en France et ailleurs, dénoncent cette instrumentalisation. Les ignorer revient à trahir l’universalisme antiraciste.
Criminaliser la Palestine, c’est criminaliser les luttes anticoloniales
Urgence Palestine affirme son droit à l’expression, à l’organisation du soutien à la Palestine et porte une lutte anticoloniale et antiraciste, ancrée dans les principes d’autodétermination des peuples et de résistance à l’occupation.
“Assimiler tout soutien à la résistance palestinienne à du terrorisme, c’est nier ce droit, renier l’histoire des luttes anticoloniales et réduire au silence toute contestation de l’ordre colonial. Assimiler la critique de l’État d’Israël à de l’antisémitisme est une instrumentalisation honteuse de la nécessaire lutte contre l’antisémitisme pour faire taire toute critique de l’occupation.”
Nous continuerons à informer, nous rassembler, manifester et agir dans l’espace public.
NON À LA CENSURE DES VOIX PALESTINIENNES NON À LA LOI DITE YADAN !
Agissez contre cette loi liberticide
Lors de l’examen de cette loi, le vote de chaque député e sera décisif. Cette proposition est soutenue par 121 député es de différents groupes politiques, et pourrait être votée par celles et ceux du Rassemblement National.
Il est primordial d’alerter les autres député es sur la dangerosité de cette loi et de les inciter à voter contre. Elles doivent réagir contre :
- La criminalisation du soutien à la résistance d’un peuple colonisé.
- L’instrumentalisation éhontée de la lutte contre l’antisémitisme.
Liberté d’expression menacée !
👉 Interpellez vos élu es dès maintenant : https://bit.ly/loiyadan