
Une plainte historique contre l’impunité israélienne
Le 7 novembre 2025, l’avocat franco-palestinien Salah Hamouri a déposé une plainte en France contre des hauts responsables israéliens et la compagnie aérienne El Al, pour déportation forcée, persécution et ségrégation. Cette action judiciaire, soutenue par Nidal, Urgence Palestine et le Comité de soutien à Salah Hamouri, s’inscrit dans un combat pour la justice et la reconnaissance des crimes internationaux commis par Israël.
Le parcours d’un défenseur des droits humains
Né à Jérusalem en 1985, Salah Hamouri y a toujours vécu jusqu’à sa déportation le 18 décembre 2022. Titulaire d’un permis de séjour permanent à Jérusalem, statut spécifique aux Palestinien nes de la ville, il a été arrêté six fois entre 2003 et 2022, détenu près de dix ans, et soumis à des tortures physiques et psychologiques, des restrictions de mouvement, et une séparation forcée avec sa famille. En 2022, alors qu’il était détenu sans charge ni jugement sous le régime de la détention administrative, Israël a révoqué son permis de séjour et l’a déporté de force en France, l’empêchant à jamais de retourner sur sa terre natale.
Une plainte pour crimes internationaux
La plainte déposée en France vise :
- La déportation forcée de Salah Hamouri, interdite par l’article 49 de la Quatrième Convention de Genève.
- La persécution politique dont il est victime depuis plus de vingt ans, incluant des atteintes à sa vie familiale, son droit au travail et sa liberté d’expression.
- La ségrégation systémique appliquée aux Palestinien nes de Jérusalem-Est, reflétant un régime d’apartheid condamné par la Cour internationale de Justice.
Cette plainte s’ajoute à celle déposée en avril 2024 pour détention arbitraire et torture, et vise également des anciens et actuels ministres, juges et procureurs israéliens, ainsi que la compagnie El Al, qui a participé activement à son expulsion.
La France compétente pour juger ces crimes
Grâce à l’article 113-7 du code pénal français et à la compétence universelle pour les crimes contre l’humanité et crimes de guerre (art. 689-11 du code de procédure pénale), la justice française est légitime pour examiner cette affaire. La plainte pourrait conduire à l’émission d’un mandat d’arrêt européen contre les responsables israéliens, dont le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar, ancien ministre de la Justice.
Une affaire emblématique de l’oppression systémique
La révocation du permis de séjour de Salah Hamouri illustre une politique israélienne de révocation discriminatoire des statuts, ciblant les Palestinien nes de Jérusalem-Est sous prétexte de « déloyauté ». Depuis 1967, Israël a révoqué le statut de 14 869 Palestinien nes, dont 61 en 2023. Ces mesures violent le droit international humanitaire, qui protège les personnes sous occupation contre les déportations et les persécutions.
Les condamnations de l’ONU et de la communauté internationale
Les experts de l’ONU ont qualifié les mesures contre Salah Hamouri de « crimes de guerre » et de « violations graves du droit international humanitaire ». La Commission d’enquête internationale indépendante sur le territoire palestinien occupé a également souligné la responsabilité pénale des individus impliqués dans sa déportation.
La voix de Salah Hamouri : un combat pour la justice
« Les responsables politiques de ma déportation doivent en payer le prix. La France doit faire respecter les droits d’un Français bafoués par un État d’occupation. Le but de cette plainte est aussi de protéger les autres Palestiniens contre des tentatives de les expulser de Jérusalem et plus largement de toute la Palestine occupée. »
Cette plainte n’est pas seulement une quête de justice pour Salah Hamouri, mais un appel à la responsabilité internationale pour mettre fin à l’impunité d’Israël et à ses crimes systématiques contre le peuple palestinien.