
Le massacre de la mosquée al-Ibrahimi : un crime colonial impuni depuis 32 ans
Hébron, 1994. Un colon sioniste d’extrême droite entre dans la mosquée al-Ibrahimi et ouvre le feu sur des fidèles palestiniens en pleine prière de l’aube. 32 ans plus tard, la violence des colons n’a pas cessé. Elle s’est enracinée, normalisée, sous la protection de l’armée d’occupation.
À Hébron comme dans toute la Palestine occupée, la population palestinienne continue de faire face et de tenir. Se souvenir, c’est continuer la lutte.
25 février 1994 : le jour où Baruch Goldstein a transformé une mosquée en champ de tir
Baruch Goldstein, extrémiste sioniste d’extrême droite né aux États-Unis et membre du mouvement Kach, pénètre dans la mosquée al-Ibrahimi le 25 février 1994, en plein Ramadan, avec un objectif clair : massacrer le plus grand nombre possible de fidèles rassemblés pour la prière de l’aube.
Armés d’un fusil d’assaut, il ouvre le feu de manière indiscriminée sur les fidèles palestiniens, tuant 29 personnes et en blessant environ 150 selon les premiers bilans. Les survivants présents sur place finissent par le maîtriser et le battre à mort.
Dans les heures et jours qui suivent, le nombre de victimes continue d’augmenter, alors que la violence s’étend au-delà de la mosquée.
La répression sanglante d’une colère légitime
Face à l’horreur, des Palestiniens descendent dans la rue pour exprimer leur révolte. L’armée d’occupation israélienne réprime ces mobilisations à travers les territoires palestiniens occupés, ouvrant le feu sur les manifestants. De nouveaux Palestiniens sont tués et blessés.
Le Palestine Human Rights Information Center (PHRIC) recense 48 martyrs et 250 blessés, tandis que d’autres sources évoquent plus de 50 morts.
1994 : une réponse internationale insuffisante et impuissante
Face à la colère croissante, Israël annonce la libération de 1 500 prisonniers palestiniens. De son côté, l’Organisation de libération de la Palestine suspend les négociations en cours, exigeant :
- la protection de la population palestinienne,
- le désarmement des colons,
- le démantèlement de certaines colonies.
Le 18 mars 1994, le Conseil de sécurité de l’ONU adopte la résolution 904, exprimant son choc face à ce massacre et condamnant le meurtre de plus de 50 civils palestiniens ainsi que les centaines de blessés.
La résolution appelle Israël, en tant que puissance occupante, à : Prendre des mesures pour empêcher les violences des colons sionistes, notamment par la confiscation des armes, Garantir la sécurité et la protection des civils palestiniens dans l’ensemble du territoire occupé, Envisager une présence internationale temporaire pour assurer cette protection.
1994-2026 : l’impunité comme politique d’État
Trente-deux ans plus tard, le massacre d’Hébron reste un témoignage du terrorisme exercé par Israël contre le peuple palestinien. La ville continue aujourd’hui de subir la violence des colons israéliens, dans un climat d’impunité qui perdure.
Se souvenir, c’est résister. Résister, c’est continuer la lutte.