
Gaza fait peur à l’école : la censure frappe les esprits
Une sortie scolaire annulée, des pressions anonymes, une peur qui s’installe là où il devrait y avoir du débat et de la pensée critique. Et, encore une fois, la Palestine comme ligne rouge.
Les questions posées par ces élèves sont simples, et elles dérangent. C’est sans doute pour ça qu’elles comptent.
Une sortie pédagogique sabotée par l’intimidation
Des classes de terminale d’un lycée public devaient se rendre à la projection du documentaire Pour l’honneur de Gaza, réalisé par le Palestinien Iyad Alasttal. Ce film, centré sur le quotidien des habitant es de la bande de Gaza depuis octobre 2023, était présenté comme un support pédagogique essentiel pour aborder le génocide en cours, la famine et la destruction massive du territoire.
Pourtant, la sortie a été annulée sous la pression de tweets anonymes accusant le réalisateur de soutien au Hamas. Une trentaine d’élèves, refusant cette censure, ont finalement assisté à la projection en marge des cours, malgré l’opposition de leur établissement.
Le documentaire : un miroir du réel, pas de l’idéologie
Le film montre, à travers des portraits, la vie sous les bombes : des tentes, des ruines, des civils – enfants comme personnes âgées – s’organisant pour survivre malgré l’horreur. Aucune mention du Hamas, aucune dimension idéologique. Juste l’humanité d’un peuple effacé des médias.
Pourtant, cette représentation a suffi à déclencher une campagne de dénigrement anonyme, transformant un outil pédagogique en objet de polémique. Les élèves dénoncent :
- Une censure officieuse, justifiée par des accusations infondées.
- Une peur instrumentalisée au nom de la « sécurité », alors que le vrai danger était l’effacement de la réalité palestinienne.
- Un pouvoir démesuré donné à des comptes anonymes sur X (Twitter), capables de dicter le contenu des cours d’un lycée public.
La résistance des lycéen nes : refuser l’invisibilisation
Face à l’annulation, les élèves ont choisi l’action : « Doublement révoltés par cette pression éhontée et par l’impact qu’elle avait sur nous, nous avons décidé d’y aller malgré tout. »
Plus d’une trentaine d’entre eux ont boycotté les heures de cours prévues pour assister à la projection, transformant un acte de résistance en acte pédagogique. Leur message est clair :
- La Palestine n’est pas une ligne rouge – elle doit être enseignée, débattue, vue.
- La censure ne passera pas par des intimidations anonymes.
- L’école doit rester un lieu de pensée critique, même quand le sujet dérange.
Urgence Palestine : et maintenant ?
Alors cela pose des questions…
Pourquoi, lorsqu’il s’agit de la Palestine, un simple documentaire est-il censuré ? Pourquoi montrer le quotidien de civils dans la bande de Gaza est-il immédiatement affilié à une « idéologie pro-Hamas » ? Comment un support pédagogique devient-il polémique à cause de quelques anonymes sur Twitter ? Et pourquoi, enfin, ces anonymes auraient-ils le pouvoir de dicter, de censurer ou de contrôler les cours d’un lycée public ?
La réponse est simple : parce que la Palestine dérange. Parce qu’elle expose l’hypocrisie d’un système qui préfère la peur au débat.
À nous de continuer à défendre la liberté d’expression, à exiger la transparence dans l’enseignement, et à résister – comme l’ont fait ces lycéen nes.